Université de Franche-Comté

Motion Formation des enseignants de la section d’anglais de l’Université de Franche-Comté

, par Webmestre

Motion de la section d’anglais de l’Université de Franche-Comté, réunie le 5 novembre 2008.

Chers collègues,

Les enseignants et enseignants-chercheurs de la section d’anglais de l’Université de Franche-Comté tiennent à déclarer leur plus vive inquiétude à la lecture de la circulaire de référence sur la campagne d’habilitation des masters (17 octobre 2008) et de la réforme des concours de recrutement de l’Education nationale (Professeur des écoles et CAPES). Bien que tout à fait conscients des nécessités de réforme des concours de recrutement de l’Education nationale, nous déplorons l’absence de concertation qui a précédé cette réforme.

Nous dénonçons également le calendrier qui oblige la mise en place des nouvelles directives ministérielles dans la précipitation, les textes devant être rendus au ministère pour le 31 décembre 2008.

En outre, nous nous déclarons opposés à cette réforme qui donne une part démesurée à la connaissance du fonctionnement administratif de l’institution scolaire au détriment des savoirs disciplinaires jusque-là enseignés à l’université et à l’IUFM.

Cette réforme vide ainsi d’une partie de sa substance la formation disciplinaire et appauvrit le bagage culturel du futur enseignant dans sa discipline.

La diminution de la part des compétences disciplinaires, tant à l’écrit (le texte stipule que « le niveau d’exigence disciplinaire [pour les deux épreuves de l’écrit] sera celui de la licence ») qu’à l’oral (aucune évaluation de la maîtrise de la langue orale n’est possible dans le format des épreuves envisagées) nous paraît extrêmement grave et préjudiciable à long terme pour notre société.

La mastérisation des concours d’enseignants prolonge également d’un an la formation des Professeurs des écoles ou des enseignants du secondaire, exigeant d’eux des efforts financiers supplémentaires et plongeant certains d’entre eux dans la précarité. Elle conduira à détériorer irrémédiablement la qualité de l’enseignement au collège et au lycée. L’exemple de la Grande-Bretagne, où la formation des enseignants se fait au niveau du Master, montre en effet à quel point l’absence d’un concours national contribue à creuser les inégalités entre les établissements du secondaire, entre les universités, et, finalement, à renforcer les inégalités sociales au lieu de contribuer à les atténuer. La comparaison des situations française et britannique montre que le principe du concours national et anonyme de recrutement des enseignants est une condition indispensable pour l’accès de tous à un même enseignement de qualité.

Pour toutes ces raisons, nous demandons un moratoire d’un an afin que l’ensemble de la communauté pédagogique, de l’école primaire à l’université, soit impliquée dans la réflexion puis dans la réforme des concours de l’Education nationale pour qu’un nouveau cadre soit élaboré.

Ainsi, nous nous associons aux protestations émises par nos sociétés savantes, par, entre autres, les Conseils d’Administration des Universités de Provence, de Bourgogne et de Rouen et par les Présidents des six universités parisiennes.

Hédi BEN ABBES, Michèle BONNET, Lee GARNER, Margaret GILLESPIE, Vincent GIROUD, Philippe LAPLACE, Hélène LECLERCQ, Jennifer MURRAY, Aurélia PAULIN, Catherine PAULIN, Nathalie PAVEC, Daniel PELTZMAN, Adèle PETITCLERC, Matthew PIRES, Zeenat SALEH, Pascale SMORAG, Julien VINCENT